Sheldrake

Né à St-Hélier à l'île Jersey, Philippe-Gédéon Touzel fonde Sheldrake en 1851. En 1853, le Jersais y développera un des plus importants établissements de pêche de la côte nord du golfe du Saint-Laurent avec des familles venues de l'île Jersey et d'ailleurs. De 1857 à 1860, suivent les compagnies jersiaises de John, Collas & Elias ainsi que le Boutillier Brothers qui vinrent également s'installer à Sheldrake pour l'abondance de morues qui allait faire de ce lieu un village prospère.

En 1886, la compagnie jersiaise John et Elias Collas fusionne avec la compagnie des Robins qui construit à Sheldrake un grand magasin général. La pêche était bonne. De plus en plus de familles s'installèrent de sorte que le village fût doté d'une école. À cette même époque, les paroissiens érigèrent l'église Saint-Louis-de-Gonzague à l'extrémité ouest de Sheldrake, pour ensuite la déménager au centre du village. On comptait à cette époque une population assez volumineuse à Sheldrake comparativement aux autres paroisses environnantes.

En 1976, la route 138 est officiellement ouverte entre Sept-Îles et Sheldrake.

Depuis 2001, il n'y a plus d'église dans le village de Sheldrake. La démolition de ce temple constituera la fin d'une époque car désormais, presque tous les services sont assurés par Rivière-au-Tonnerre.
 

Rivière-au-Tonnerre
 
Le village de Rivière-au-Tonnerre voit le jour en 1853 lorsque les premières familles décident de s'y installer, d'abord et avant tout par souci pratique. Provenant surtout de la Gaspésie et des Îles- de-la-Madeleine, hommes, femmes et enfants édifient lentement mais sûrement les bases de ce qui sera bientôt une petite municipalité de pêcheurs. 

Si le village reprend rapidement des forces après l'incendie de 1882 et que ses habitants se font de plus en plus nombreux, un autre « problème » se profile à l'horizon, celui du rationnement. L'absence de route menant à la ville ne facilite pas les choses, de même que les conditions atmosphériques difficiles à lesquelles les habitants font face, l'hiver venu. Ces divers obstacles ne sont cependant pas infranchissables et on met sur pieds un système de transport en cométique, c'est-à-dire en traîneau à chiens. La route est longue et dure, surtout l'hiver, mais hommes et bêtes arrivent à bon port avec les denrées essentielles. Jusqu'en 1957, ce système assure la survie des habitants. Débute alors la venue d'avions appartenant à la compagnie les ailes du Nord et Pacifique canadienne ainsi que navires pour remplacer les cométiques.

L'accroissement de la population de Rivière-au-Tonnerre pousse également les communautés religieuses à venir s'y installer, ce qui sera notamment le cas pour les Filles de Jésus de 1903 à 1912, les Sœurs de l'enfant-Jésus de Chaffailles de 1912 à 1917, les Sœurs de la charité du Québec en 1954, les Sœurs du Saint-Rosaire de 1976 à 1991 et les Sœurs des Saints-Cœurs de Jésus-Marie en 1979. On décide en 1905 d'entreprendre des travaux d'envergure pour que la municipalité soit désormais dotée d'une église digne de ce nom. La construction dure six ans et l'équipe de bâtisseurs constituée de villageois érige face au fleuve Saint-Laurent une magnifique chapelle de style normand à la toiture semi cathédrale. Les bénévoles vont jusqu'à sculpter au canif les boiseries encore intactes aujourd'hui. L'église de Rivière-au-Tonnerre, véritable joyau, reste encore l'un des plus beaux bâtiments du genre à ce jour sur la Côte-Nord.

Lorsque la disparition des poissons semble se confirmer, les pêcheurs se tournent vers le crabe des neiges, espèce qui pullule dans la région. Ces crustacés ressemblant à des araignées qu'on rejetait autrefois à la mer, ne savant pas trop qu'en faire, font maintenant fureur et leur prix ne cesse d'augmenter. Le marché s'agrandit même jusqu'au Japon. De 1975 à 1985, Rivière-au-Tonnerre préservera fièrement son titre de « Capitale du crabe » et fêtes et festivals saluent la réussite de la petite municipalité.

Fléau de bien des villages québécois, l'exode rural touche également Rivière-au-Tonnerre. Lorsque l'usine ferme ses portes en 1988, de nombreux travailleurs se voient perdre leur emploi. Beaucoup partent vers la ville la plus proche, Sept-Îles, dans l'espoir d'y obtenir un nouveau travail. Ceux qui restent tentent tant bien que mal de développer l'industrie locale. Outre le crabe des neiges, la pêche commerciale tourne également autour de divers produits comme le bigorneau, le pétoncle et le flétan. Les rivières du coin fournissent également aux villageois une source de revenus indispensable avec le tourisme. De nombreux amateurs venus de la ville trouvent en Rivière-au-Tonnerre un petit paradis paisible avec ses plages interminables et ses habitants si accueillants.

Pêche morue 1940


Des pêcheurs arrangent la morue dans les années 1940 à Rivière-au-Tonnerre. Photo : archives personnelles de M. Yvon Bezeau, historien local et guide à l'église Saint-Hippolyte en été.